10 Raisons de lire la Passe-miroir de Christelle Dabos

par | Sep 13, 2020 | Culture, Littérature contemporaine | 2 commentaires

La rentrée est passée et l’automne est déjà là ; cependant, entre un ou deux cours, rien de mieux que de prendre le temps de lire autour d’un bol de thé (ou de chocolat chaud, ou de café si vous préférez). Si vous avez du mal à choisir votre prochaine lecture, je vous propose  dans cet article de vous donner 10 raisons de lire la Passe-miroir de Christelle Dabos. Bien entendu, rien ne vous empêche de vous servir de ces motivations pour le relire si vous vous êtes déjà plongé une fois dans cette saga !

Avant de démarrer l’énumération des raisons pour lesquelles lire la Passe-miroir, j’ai écrit ici un petit résumé de cette saga.

Le résumé des quatre tomes :

Ophélie est liseuse sur l’arche d’Anima ; en effet, cette dernière a le pouvoir de connaître le passé des objets en les touchant. Alors qu’elle mène une vie tranquille auprès de sa nombreuse fratrie et en tant que conservatrice d’un musée, elle apprend qu’elle vient d’être fiancée à  un inconnu venant d’une autre arche : Thorn.

Elle est tout d’abord révoltée par cette nouvelle : son fiancé vient la chercher et la ramène sur son arche, ce premier parait au premier abord aussi froid que le climat de son arche, cependant, la jeune femme commence à comprendre qu’on ne lui dit pas tout.  Des mystères planent, et particulièrement en ce qui concerne la raison de son futur mariage avec Thorn.

Plus tard, dans le tome 2, Ophélie tombe sur une étrange affaire de disparitions. Elle rencontre d’autres personnages, gagne en autonomie puis elle approfondi l’histoire de l’arche où elle est sensée vivre.  Mariée hâtivement, elle est contrainte de revenir sur son arche d’origine à cause d’épisodes troublants.

Dans le tome 3, deux ans ont passé pendant lesquels Ophélie a retrouvé ses fonctions sur l’arche d’Anima. Cependant, elle n’a pas oublié Thorn et décide de partir à sa recherche sur l’arche de Babel. S’ensuit alors un long périple pendant lequel elle devra s’intégrer à la stricte société babélienne afin de pouvoir mener ses recherches.

Enfin, dans le quatrième et dernier tome, Thorn et Ophélie se préparent à continuer leur recherche sur l’identité de « l’autre » afin de déjouer des effondrements qui menacent les arches. Cependant, Ophélie fait des découvertes sur elle-même et décide d’enquêter sur les mystérieux « échos » .

Maintenant que vous en connaissez un peu plus sur cette fabuleuse saga, je vous propose enfin mes 10 raisons de la lire.

 

 

Originalité :

Parce que ce livre est extrêmement original ! Effectivement, une de mes plus grandes surprises lorsque j’ai commencé à lire cette saga a été de découvrir à quel point l’auteure avait su créer son propre univers, ceci-dit, en permettant au lecteur de le découvrir.  Tout dedans est original : les personnages, les lieux, les objets… Ce que j’aurais loisir de développer par la suite. En tout cas une chose est certaine, si vous vous ennuyez de vos lectures habituelles et que la fantasy ne vous fait pas peur, plongez le nez dans la Passe-miroir !

Charme :

Il est également important de mentionner une chose qui pourrait bien vous décider à lire cette saga : en plus d’être très originale, l’ambiance est littéralement charmante. Le monde est très cohérent avec lui même, nous nous retrouvons ainsi à pouvoir faire le lien entre les différentes Arches (qui sont en quelques sortes des pays de ce monde), leurs personnages ainsi que les pouvoirs ou les coutumes respectives de chacun des personnages.

Il y a également toute une histoire relative à la création de ce monde que nous découvrons au fur et à mesure de la saga. Les personnages sont attachants (et cela reste vrai, même pour ceux que l’on soupçonne d’être les « méchants »), beaucoup de questions différentes se posent tout au long du livre ce qui crée un suspense haletant (et nous oblige par la même occasion à lire le ou les livres d’une traite sans s’arrêter).

De plus, il règne dans le livre une atmosphère très vintage, voir même steampunk ! Les amateurs d’histoire seront ravis. Par certains moments, on découvre même un petit côté qui tient du roman d’aventure.

Personnages :

Parce que, comme je le disais plus haut, les personnages sont vraiment attachants, mais aussi intéressants. Ils sont tous très originaux : entre l’héroïne (presque une anti-heroïne par certains côtés ! ), Ophélie, que l’on découvre travaillant dans un musée sur son arche et qui apprend finalement qu’elle doit se marier ; son mari Thorn, sur qui le lecteur s’interroge en même tant qu’elle ; Archibald, un personnage dont on ne connaît pas toujours les intentions ; Bérénild qui n’est pas totalement ce qu’il paraît.

Finalement, dans ce livre, tous les personnages ont deux faces et on ne peut jamais affirmer qu’il y ait bel et bien des « méchants » et des « gentils ». Ophélie, qui est décrite au début de la saga comme très maladroite, se lance dans une aventure époustouflante où elle se dépasse systématiquement. Quant à lui, Thorn, s’adoucit en dévoilant au fur et à mesure son histoire, ce qui permet d’avoir un autre avis sur certains personnages qui cachent bien leur jeu.

Et puis, petit détail qui vaut le détour : la diversité des prénoms de chaque personnages procurent au lecteur un grand sentiment de réalisme et lui permet de mieux encore les ancrer dans sa mémoire. Encore une fois, Christelle Dabos nous prouve la cohérence de son univers en représentant une réalité : dans la société, les individus sont pourvus de prénoms divers et variés qui attestent de cultures tout aussi variées !

Énigme :

Une autre des richesses de ce livre : il contient une, voire plusieurs énigmes. Si l’incipit du livre nous annonce une histoire de fiançailles et de mariage forcé, on découvre assez tôt que des éléments manquent dans le décors : pourquoi ce mariage ? Quelles sont les histoires d’Ophélie, de Thorn ? Pourquoi certains personnages ont l’air si étrange une fois arrivés sur l’arche de Thorn. Dans le tome 2, une véritable enquête est menée : certaines personnes disparaissent mystérieusement, Ophélie se charge alors de découvrir pourquoi et comment et débouche sur des interrogations bien plus grandes encore : qui est Dilleux ?

Plus tard encore (dans le quatrième tome si mes souvenirs sont exacts) , l’héroïne comprend ce qui était plus ou moins insinué au lecteur par delà des questionnements qu’elle se posait précédemment : sa maladresse ainsi que certains problèmes qu’elle a pourraient-ils découler d’un incident de son passé ? De plus, cette histoire va bien plus loin : découvrir son passé lui permettra de connaître la vérité sur les énigmes de son monde et de certains personnages.

Écriture :

Un autre point qu’il me tenait à cœur de souligner : l’auteure écrit particulièrement bien.

Je l’avoue, mon avis est peut-être un peu catégorique, mais selon moi, un livre écrit avec les temps du récit (c’est à dire au passé grâce au passé simple et à l’imparfait) a au moins trente-mille fois plus de charme qu’un livre écrit au présent. Cependant ce n’est pas tout, j’ai adoré suivre tout au long du livre les jeux de mots ; énigmes ; mots lâchés à l’improviste et qui nous paraissent parfois anodins, mais qui prennent tous leur sens au dénouement de l’histoire, dans le quatrième tome.

Comme je le disais plus haut, l’histoire a un côté vintage qui est finement souligné par un vocabulaire varié, toutefois pas désuet et qui fait tout à fait son charme. Je trouve la plume de l’auteure très personnelle, agréable à lire, jolie… Encore un autre point qui selon moi ne peut que donner envie de se lancer dans cette saga !

Fantasy

En sixième lieu, voici une autre raison de lire la saga de la Passe-Miroir : c’est de la très belle fantasy.

Effectivement, le « paysage » de fantasy classique (que l’on appelle souvent Heroïc Fantasy dans l’exemple que je fais avec des guerriers, dragons, etc…) fait souvent appel à des éléments types : un pays qui nous fait penser au moyen-âge, un magicien, une reine, un héros qui risque sa vie pour tuer un méchant… Avec souvent des dragons, des créatures des eaux, fées, elfes, trolls, gnomes, lutins… Les exemples principaux sont le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien, L’Assassin Royal de Robin Hobb ou le Trône de Fer de G. Martin.

Dans la Passe-miroir, point de ces éléments, mais un monde tout nouveau : objets souvent animés ; personnages qui ont des pouvoirs selon leur famille ; différents « pays » de ce monde, que l’auteure appelle des Arches et qui sont séparés par une sorte d’atmosphère indéfinissable. Et chacune de ces arches est en quelque sorte gouvernée par un « esprit de famille », personnage lui aussi à double face, et dont on ne sait s’il est bienveillant ou non.

Comme dans quasiment tout monde de fantasy, l’auteure crée sa propre « mythologie » , et celle de la Passe-miroir est particulièrement singulière,  tout en permettant au lecteur de repenser à des inspirations diverses. De mon côté, ce livre m’a fait penser à beaucoup d’histoires telles Le Château de Hurle de Diana Wyne Jones ; des livres comme je citais plus haut : Le Seigneur des Anneaux ; la mythologie nordique…

Illustrations :

Comme il fallait bien que j’en arrive à une qualité de l’ordre de l’esthétique purement visuelle, il faut le dire : les illustrations sont vraiment très belles. Ces dernières sont faites par Laurent Gapaillard ; voici une page sur laquelle vous pourrez découvrir un certains nombre de ses oeuvres : Laurent Gapaillard .

En effet, elles sont à la fois très sobres par leur apparence, mais aussi pleine de magnifiques petits détails et extrêmement minutieuses. Je trouve que le fait d’illustrer la Passe-miroir avec des dessins d’architecture procure à ce livre un aspect encore plus intrigant. La couverture propose également au lecteur un très bon support pour laisser son imagination créer l’image du monde de Christelle Dabos.

Enfin, je suis totalement subjuguée par l’équilibre entre un dessin d’architecture très qualitatif et l’aspect fantastique, parfois un peu gothique et pleins de mouvement des arches dessinées par Laurent Gapaillard.

Auteure :

Parce que l’auteure est elle-même extraordinaire ! Je vous propose d’aller faire un tour sur ses sites : La Passe-miroir et Christelle Dabos.

Plaisir :

Parce que c’est une lecture qui fait du bien. Quoique que tout lecteur invétéré de la Passe-miroir se doit de désespérer un grand coup lorsqu’il apprend que la saga est terminée et d’avoir la frénétique envie de la relire pour se séparer le plus tard possible des personnage, c’est une lecture passionnante, et très douce à lire en automne/hiver avec une tasse de thé, une écharpe, des gâteau ainsi qu’un chat sur les genoux. Le monde fait totalement rêver tout comme les personnages, et comme vous vous en doutez probablement, la fin est touchante.

Miroir :

Et en dernier lieu, je crois qu’il ne faut pas se mentir : vous avez tous imaginé un jour que ce serait quand même génial de pouvoir traverser son propre miroir, non ? Je l’avoue, c’est une généralité, mais essayez d’imaginer un peu le monde que vous pourriez découvrir/créer si vous aviez moyen de traverser votre miroir. Je vous jure qu’à partir de ce moment là, si ce n’est pas déjà fait avant, cette idée vous viendra à l’esprit (et par la même occasion, vous me permettriez de vérifier cette généralité ! ) (enfin, si vous préférez traverser une armoire comme dans les Chroniques de Narnia, je ne vous en empêche pas) !

 

Pour conclure

Ainsi, je viens de terminer cette longue énumération de raisons pour lesquelles lire la Passe-miroir pourrait vous enchanter. J’ai décidé de conclure cet article par mon avis personnel sur cette saga (au cas où il faudrait que je sois encore plus convaincante ! ).

Tome 1 et 2

J’ai commencé le premier Tome en ne sachant absolument pas à quoi m’attendre. Entre cette intrigante couverture bleue et un résumé qui me paraissait plutôt classique à l’époque où je lisais beaucoup de fantasy, j’ai fini par découvrir un monde totalement inédit. cela peut demander un petit temps d’adaptation afin de s’habituer et de comprendre cet univers, mais j’ai été surprise par la fréquences des rebondissements, la plume de l’auteure où se multiplient les belles descriptions, et les personnages extrêmement singuliers.

J’ai été encore plus emballée par la découverte de cette saga lorsque j’ai lu le deuxième tome (qui selon moi est le plus extraordinaire des quatre). En effet, le rythme de ce dernier est encore plus palpitant que celui du premier et l’on découvre ou apprend des informations sur des personnages. Ainsi, les personnages d’Archibald, Gaëlle et Renard m’ont énormément plu !

Tome 3 et 4

Dans le troisième tome, j’ai été un peu surprise en me rendant compte qu’il y avait une ellipse de deux ans dans l’histoire, où Ophélie retourne sur Anima. Mais c’est finalement pour revenir en force dans une atmosphère tout à fait différente : j’ai donc pu découvrir la cité de Babel et et ses singuliers habitants en même temps qu’Ophélie, l’intrigue change également et en demeure… encore plus intrigante !

Afin de ne pas spoiler le lecteur, je m’abstiendrai de plus de détails sur le tome 3. Par ailleurs, ce dernier est assez indissociable du tome 4 tout comme le tome 1 et 2 forment une petite duologie à leur manière.

J’en viens donc au tome 4 : dans celui ci, le rythme est moins régulier. On alterne entre beaucoup de révélations, et surtout, l’histoire laisse la place au lecteur de construire lui même ses théories quant au dénouement probable de l’histoire. On est plus centré sur Ophélie ce que j’ai apprécié. Cependant, le rythme de l’histoire est un peu semblable à celui de son objet : là où les arches s’effondrent, où les personnages font des découvertes et des sacrifices de plus en plus rapidement, les personnages comme le lecteur ne s’y retrouvent plus tellement.

J’ai personnellement eut une impression de confusion en lisant la fin de cette saga. Je ne considère pas cela comme un mal car pour moi cela fait partit des surprises que réservait cette lecture, cependant, la fin est peu triste pour les anciens/nnes grands/des lecteurs/ices de contes de fées et amateur de « ils se marièrent, vécurent heureux et eurent de nombreux enfants ». Je pense d’ailleurs que le choix de ne pas avoir fini sur une fin telle que je viens de citer prouve aussi l’originalité de la Passe-miroir.

Au final

Cela reste une de mes saga de fantasy préférée que j’ai énormément aimé lire. Comme je l’ai laissé paraître à plusieurs reprises, je la trouve très originale et je suis très contente d’avoir pu la découvrir. Ainsi, afin de m’améliorer en italien, j’ai fait le choix d’acheter sa traduction dans cette langue, car il faut l’avouer, lorsqu’on lit dans une langue que l’on ne comprend pas forcément très bien, mieux vaut que cela soit une lecture plaisante et éventuellement, une lecture connue  !

Enfin, comme vous avez sans doute dû le remarquer, afin d’illustrer cette article, j’ai peint et dessiné un fanart de cette saga. Si vous voulez en découvrir plus sur une des techniques de dessin que j’utilise, je vous propose de lire mon article :  la technique du Zentangle, un atout pour dessiner.

 

une fois :10 raisons de lire la Passe-miroir

deux :10 raisons de lire la Passe-miroir

trois : 10 raisons de lire la Passe-miroir

quatre :10 raisons de lire la Passe-miroir

cinq :10 raisons de lire la Passe-miroir

six :10 raisons de lire la Passe-miroir

2 Commentaires

  1. Anaëlle

    Je suis, comme tu le sais, une grande fan de La Passe Miroir également, et j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ton article ! C’est vraiment très bien écrit, tu as l’art de mettre des mots sur les sentiments et sensations que j’ai eues moi aussi en lisant (et relisant !) ces quatre tomes 😄 J’aime comme toi les personnages si originaux et disposant chacun de personnalités, de pouvoirs si différents… Thorn, par exemple, est un personnage si complexe que je ne savais jamais quoi penser de lui… Cet univers qu’a créé Christelle Dabos est en effet très cohérent, c’est le mot qui convient !
    En plus, ton article est très bien illustré je trouve, tes photos sont très réussies ! Bravo !

    Réponse
    • Hortensia Melenig

      Merci beaucoup ! Ça me fait très plaisir d’avoir ton avis ^^. C’est vrai que l’univers de Christelle Dabos est complexe et très plaisant. *
      Merci également pour ton compliment sur mes photos.

      Réponse

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